Crête de Curlet et Pic Cascavelier, une rando méconnue
Départ de Saint-Véran. Photos prises pendant une randonnée du 18 octobre 2008, en fin de journée. Dénivelée positive : 450 mètres pour la crête de Curlet, 700 mètres pour le Pic Cascavelier (ajouter 200 mètres pour un départ de Saint-Véran village).
Cette randonnée est bien connue des habitants de la vallée mais souvent négligée ou inconnue des randonneurs et des touristes. Pas de lac, pas de col, rien pour attirer le chaland, même pas le sommet, un pic indiqué en petit sur la carte. Pourtant, cette randonnée en aller et retour peut intéresser aussi bien l'octogénaire au souffle court (mais vaillant tout de même) que l'apollon des montagnes : on peut s'arrêter à 2300 mètres ou défier les crêtes des 2900 mètres.
Si on est à l'hôtel à Saint-Véran, on peut partir tranquillement à pied du village, sinon on peut partir du pont du Moulin (départ des Estronques), à 1850 mètres. Mieux vaut se ménager car le départ dans les mélèzes est sévère. Pratiquement, c'est la seule difficulté de la randonnée ! L'athlète en profitera pour accélérer mais on peut tout simplement profiter du sous-bois, surtout à l'automne. Fatigué on peut vouloir s'attarder aux cabanes de Lamaron (2200 m) mais il est préférable de grimper directement sur la crête (2300 m) d'où un magnifique point de vue sur la vallée et Saint Véran nous attend.
Saint-Véran vu de la crête de Curlet
Ensuite, eh bien on peut flâner. La crête s'étale tranquillement, avec quelques ressauts et un bon chemin jusqu'au pied du Cascavelier. Là, on entre dans une zone de roches vertes, ces témoins du fond des océans. Elles se sont formées dans la zone de subduction, c'est-à-dire de frottement entre la plaque européenne et la plaque africaine, à l'origine de la formation des Alpes. Puis la surrection des Alpes les a portées à l'altitude actuelle, et il a fallu trente millions d'années d'érosion pour les dégager. Donc, respect : on marche sur des ancêtres !
C'est sans encombre et sans difficultés particulières, malgré un chemin escarpé, qu'on arrive au Pic du Cascavelier (2562 m). De là, la vue est superbe sur la haute vallée de Saint-Véran : Château Renard, Chapelles Sainte Elisabeth et de Clauzis, Tête des Toillies et Mont Viso.
Beaucoup s'arrêteront mais c'est dommage. On peut continuer sur la crête par un sentier facile qui dégage d'autres points de vue et procure des joies aériennes. Après avoir batifolé, les moins téméraires redescendront par le même chemin. Les plus aguerris feront un crochet par le lac de la Blave (à sec à l'automne) ou iront, s'ils ont le pied sûr, jusqu'à la Pointe des Marcelettes (2909 m).
Au-delà, la crête est plus ou moins praticable jusqu'au col des Estronques, mais c'est tout de même un sacré voyage. L'esprit de cette simple balade est plutôt de redescendre tranquillement par le même chemin, et de profiter de la vue propre aux heures tardives, comme ce point de vue sur la Chalp ronde et la crête de la combe des Arnaudes, avec la Roche des Croix.
C'est certainement à l'automne que la balade est la plus belle, au mois d'octobre quand les mélèzes et les herbes virent à l'or. Mais promis, je vous retrouverai au printemps.
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16 Mai 2008 à 18:30 dans
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